Stage « cross » encadré par Damien Lacaze

… par notre poétesse Mathilde dite Mat la Menace, la Matmut, …:o)

du samedi 30 Mai au lundi 1er Juin 2020

Nous étions finalement cinq pilotes du club Saint Hil’Air à rejoindre Embruns où nous attendaient Dam’s Lakaz et des orages déchaînés ^^ du moins le vendredi soir…
Rendez-vous est donné le samedi matin à 8h sur un parking bien situé. Pendant que le ciel se lave de l’humidité tombée la veille, nous formons un cercle où chacun se présente brièvement : Emmanuel Moreau, Gilles Eudes, Pierre GarinSimon Agnan et moi-même du club. Lacroux Ludovic un pilote de la vallée volant sous Rush4 complète le groupe des stagiaires. Nos attentes sont plutôt similaires : découvrir les Alpes du Sud, progresser en cross notamment en termes de placement et bien sûr faire des heures avec nos ailes après cette longue période de confinement qui nous a bloqués au sol. COVID19 oblige, nous avons un camion neuf places conduit par Nico et mon Kangoo conduit par Tommaso venu en renfort pour respecter les mesures de distanciation.

JOUR 1 : découverte du bocal de Vallouise

En route pour la porte d’entrée des Écrins, ce qui devrait nous permettre de voler à l’abri du vent de Nord annoncé en altitude. Quelques parapentes sont déjà en l’air lorsque nous rejoignons le décollage de Puy Aillaud. Ça thermique déjà ! Nous avions envisagé un vol d’évaluation avec exercices du type tangage/roulis… ce sera pour une autre fois ! On montrera la maîtrise de notre aile sur les trois axes en entrant dans les ascendances (ce qui me convient parfaitement ^^). Chacun se prépare, j’essaye d’être la plus efficace possible et de décoller vite. Je suis pas mal stressée et comme en compète, j’ai envie d’être en l’air rapidement pour tâter la masse d’air en attendant le start. Deux voiles décollent juste avant nous, une Delta 3 et une Zeno. On va pouvoir les surveiller. Me voilà en position de départ, les cinq sens en éveil et le cerveau qui mouline à fond. Dans le questionnaire que Damien nous a fait remplir avant le stage, à la question « quel est votre point fort ? » j’ai répondu : « le thermique (le trouver, l’enrouler) » et maintenant que je fais face à ma voile en attendant la bonne bouffe, je me dis qu’il va falloir être à la hauteur de ma réponse. Gloups !

Airborne ! et vite dans le thermique ! Les pilotes décollent peu à peu, je surveille les uns et les autres et fait le job pour monter. Je rejoins les crêtes de la Blanche où enroulent la D3 et la Zeno. Dans le groupe, on sent que c’est la reprise et qu’il faut se replacer mais petit à petit chacun trouve la clé pour monter aux étages supérieurs par palier. Je suis au nuage et il fait bien froid, je décide de partir en compagnie de la Zeno sur la montagne en face, la Pointe de l’Aiglière. Ouh punaise il me met la misère en transition, je pousse alors timidement le premier barreau. C’est pas tout ça mais faut reprendre confiance sous la belle. Je profite tout de même de cette transition pour me regarder les grosses montagnes qui nous entourent : que c’est beau ! Je raccroche et trouve un petit thermique qui me permet d’avancer vers la Pendine. En radio, je comprends que Ludo est dans mes traces, bientôt suivi par le reste du groupe sauf Gilles qui se refera la main en thermique en restant en local du déco. La Pendine forme une espèce de plateau plutôt orienté Nord et je comprends qu’il faut que je passe un petit col pour rebasculer en face Sud. Si seulement ! La voile se trémousse dans tous les sens et j’ai l’impression de tomber à la verticale d’un petit lac d’altitude (sous la tête d’Oréac). Je me mets à trembler de tous mes membres. Punaise j’ai une trouille bleue. Mon cocon s’agite sous les coups de genoux de mes jambes chancelantes. Sauve-qui-peut ! J’ai PEUR ! Je décide de faire demi-tour, je reprends le contrôle sur mes soubresauts et j’avance sur les hauteurs de la station de Puy-Saint Vincent sans grande conviction mais finis par trouver un thermique me permettant de reprendre un petit peu de gaz.

Direction la Tête d’Amont ou du moins ses premiers contreforts car je ne suis pas bien haute. Malheureusement, tout est à l’ombre des nuages et j’en ai un peu marre d’être toute seule. En raccrochant j’admire les falaises qui me dominent et je me dis que j’aurais bien aimé bénéficier de la compagnie du groupe pour prospecter mais j’ai toujours un thermique ou une transition d’avance. Je cherche un peu mais j’ai perdu toute combativité. Je me laisse glisser un peu au Nord et à la première secousse de la voile, je lâche l’affaire. Retour vers l’atterro officiel où je découvre ce que poser dans la brise veut dire. Concentrée jusqu’au bout à cause de la brise soutenue et des déclenchements thermiques incessants, me voilà bien contente de retrouver la terre ferme.

Point positif du vol : « le thermique (le trouver, l’enrouler) » je sais toujours faire ^^
Point négatif : j’ai le mental en gruyère. Je n’ai volé qu’une heure et j’ai la fatigue d’un gros cross. Pas de souci, on est là pour ça ! Retrouver la confiance, se faire plaisir et surtout profiter de ces paysages magnifiques.

La trace : https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20283141

JOUR 2 : Lac de Serre-Ponçon

Difficile de choisir d’où partir avec les prévis météos qui sévissent dans le coin. Rien à voir avec le week-end de rêve qui se dessine du côté de Saint-Hilaire, surtout ne pas regarder la CFD et se concentrer sur le stage et sur ce qu’il peut nous apporter. Nous nous rendons au décollage de la Bâtie Neuve, sous le Piolit, situé au Nord du lac de Serre-Ponçon. La rot’ est assez longue, sur une piste bien caillouteuse et me voilà qui serre les fesses à chaque virage. Quand est-ce qu’on arrive ? J’essaye la respiration par quatre et je tâche de me détendre. En vain. Arrivés au déco et en attendant que les plafonds montent, Damien nous donne quelques tuyaux sur l’enroulage de thermique, sur l’effet bagnard et répond à toutes nos questions. Il est temps de se mettre en l’air. Cette fois je décide de décoller la dernière pour pouvoir voler avec le groupe. C’est un tout petit déco très étroit où on ne peut étaler qu’une seule voile à la fois. Des nuages gonflent sur les massifs alentours et je suis hyper stressée… encore plus qu’hier ! je me mets dans ma bulle et me concentre pour ne pas faillir au déco. Malgré la pente et la brise soutenue, je décolle sans encombre. Ça c’est fait ! Les autres pilotes balisent bien la masse d’air et je parviens à m’extraire sans difficulté.

Une fois au plaf, que faire ? Les options sont nombreuses mais aucune ne fait réellement rêver. Ça choufleurise de partout, les plafonds sont bas et il y a pas mal d’ombre, il nous faut pourtant « quitter le bord de la piscine » comme le dit si bien Damien lorsqu’il s’agit de quitter l’appui rassurant du relief et chercher le thermique plus devant. Avec Ludo, on fait une première incursion vers le Nord-Ouest, on est pas mal contrés et les varios croisés ne sont pas ouf. On rebrousse chemin, moi qui avais l’impression d’avoir fait quelques bornes que nenni, c’est juste parce qu’on avait le vent dans le pif ! Me revoici au point de départ. La masse d’air n’est pas des plus agréables et j’ai de nouveau une attaque de genoux qui claquent mais moins fort que la veille. On serre les dents et on avance. Revenus au-dessus du déco, Dam’s nous invite à poursuivre vers les Aiguilles de Chabrière. On est à ras le plafond et j’ai peur de l’aspiration du nuage. Je prends donc mes marges puis raccroche le relief ultra bas. J’ai Manu devant moi, voyons si l’on trouve quelque chose. Bingo, je sens quelque chose, celui-là je le garde, il faut enrouler serré tout en acceptant de se faire décaler dans la brise qui lèche le relief. Je fais les choses bien et je rejoins rapidement le plaf au grand dam de Simon qui peine un peu plus derrière et qui s’exclame en radio « put*** mais t’es vraiment une machine en thermique » suivi de Damien qui renchérit « tu m’enlèves les mots de la bouche » et bien malgré le froid qui règne sous le nuage, je sens le rose me monter aux joues ^^.

Les Aiguilles de Chabrière sont enfin sorties de leur couette cotonneuse et je remercie mentalement Damien de nous avoir poussés à nous y rendre, toute seule, je n’aurais jamais osé et là maintenant, bien perchée, je savoure la vue. Ça a un petit côté « dolomites » très agréable pour les yeux qui ravive mes souvenirs d’Italie. J’ai finalement le « Go » de Damien pour partir en transition vers le Mont Guillaume, trop contente de bouger enfin ! Nous sommes suivis par Manu tandis que Pierre a pris une trajectoire peu banale en vallée. Le reste du groupe malheureusement se vache de ci de là. Pierre se refait on-ne-sait-pas comment en milieu de vallée tandis que je rejoins le Mont Guillaume où je trouve le premier thermique plaisant de la journée. Je suis rejointe dans mon ascendance par Damien qui me crie « tain’ mais t’es une machine en thermique ! » je rougis jusqu’aux oreilles et je profite de l’ascendance smooth. Je savoure vraiment le compliment associé à la beauté des lieux, la douceur du thermique que l’on enroule et je me détends. Manu le warrior finit par nous rejoindre et nous voilà partis en transition vers le Méale. On a une excellente finesse grâce à la brise de la Durance qui nous pousse, je gobe une pompote, je sens que j’ai mis le mood en mode « cross », je reconnais mon ancien moi, ça fait du bien. La belle Omega X-Alps de Damien flotte devant moi, je regarde le lac, c’est de toute beauté. Après un début de vol stressant et poussif, que c’est bon de filer à plus de 50 km/h vers notre prochain sommet. On aurait pu transiter directement sur le Mont Orel mais on reste sur l’idée du Méale parce que c’est là que Pierre se trouve après une traversée de vallée que les locaux n’auraient jamais envisagée.

Et nous voilà à chercher un thermique sur les hauteurs du village de saint-Sauveur. C’est pas gagné. Damien nous met en garde de ne pas nous laisser trop dériver, mais à combien ça souffle ici ? Je me dégage du relief et me met face au lac. Mon instrument m’indique une vitesse aux alentours de 6 km/h oh-my-God! Mon mental à trous refait bien vite surface surtout quand Damien nous dit que la prochaine partie du vol, il ne faut surtout pas poser car la vallée se resserre et accélère d’autant plus la brise. J’avance vers les Orres comme pour fuir le destin funeste que l’on vient de me dessiner. Pierre et Manu vont poser, je décide d’en faire de même. Je débranche le cerveau « cross » et je rallume celui « atterrissage ». C’est bien sûr à ce moment-là que je ne fais que croiser de petites ascendances qui compliquent fortement mon retour sur la terre ferme. Il doit y avoir quelque chose comme 35 km/h de brise, on n’est pas là pour rigoler, je fais des petits S mais ne descend que très trèèès doucement. Damien m’encourage en radio « c’est bien Mathilde, on reste concentré jusqu’au bout ». Après quelques minutes qui m’ont paru une éternité, me voilà revenue sur le plancher des vaches. Pfiou ! Bien contente de replier en compagnie de Pierre, Manu et Damien. Et qui arrive au croisement ? Tommaso notre navetteur 🙂 Quelle efficacité ! Distribution de masques et en route pour rejoindre le reste de la troupe.

Il y a de la frustration dans l’air chez ceux posés trop tôt alors on décide de rejoindre Ceillac pour y tenter un vol du soir. Aura-t-on le droit à un « Magic Ceillac » ? Tandis que les garçons invoquent les dieux du ciel de ne pas laisser un orage éclater, je décide de tester un pisse-debout que j’ai emmené dans mes affaires. Je m’éloigne des voitures et me dirige vers la manche à air horizontale qui sévit au fond de l’atterro. Et oui encore un terrain sans arbre ni recoin pour se cacher en cas de besoin. J’enfile le pisse-debout, imagine des cascades comme dans les vieilles pubs de gel douche et je commence à me soulager. Punaise ça sort par l’entonnoir et ça s’écoule exactement comme un garçon. Un enchantement ! Des milliers d’années de lutte pour l’égalité des sexes qui passe notamment par cette capacité à pisser partout ! Pas le temps de m’exclamer « j’ai un zgeg » que voilà que le liquide chaud se met à couler le long de ma jambe. Fail ! Bon, j’étais déjà moyennement motivée pour le vol rando mais maintenant je n’ai plus qu’une envie c’est de prendre une bonne douche pour oublier ce terrible échec du pisse-debout. Pendant que je me douche (douche solaire Décat ! nickel !), les garçons montent au déco. Je me sèche et m’installe dans la voiture pour bouquiner et surveiller l’évolution des conditions. Il se met à pleuvoir. Hum. Il arrête de pleuvoir mais ils ont du vent de cul au déco. Hum. Quand ça veut pas… Un rayon de soleil prometteur semble pouvoir retourner la biroute mais les gars sont déjà en bas, dépités. Peine perdue, Tommaso décide de faire du gonflage mais l’herbe est trempée et le vent faiblissant. Argh ! quand ça veut pas ! On se trouve un campement pour la nuit et on se couche sous la pluie. Demain il fera jour !

La trace : https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20283142

JOUR 3 : Col de l’Izoard

Je me réveille avec le couteau entre les dents. J’enfile ma paire de chaussettes fétiches et je prévois une couche dans mes affaires. J’ai clairement envie d’en découdre*.

*Damien aurait dit de manière très poétique « elle est chaude comme un bol de pisse ».

Je ne connaissais pas le Col de l’Izoard et c’est quand même un sacré endroit ! Je fais la marche d’approche avec le sac léger de Tommaso tandis que lui se coltine mon menhir, heureusement qu’il est là. Quand en plus, je réalise que j’ai oublié de prendre de la nourriture pour la journée, il pose le sac et court à la voiture récupérer de quoi me sustenter mais également mon téléphone que j’avais laissé sur la plage arrière pour mettre le sac sur mon dos. Quand on n’a pas la tête… heureusement qu’on a un mec qui a les jambes !! 

La couverture nuageuse est aux 4/5e et ça va de nouveau être une journée compliquée. Nos deux navetteurs Nico et Tommaso décollent rapidement tandis qu’avec le groupe on tarde à se mettre en l’air. Alors que les trois premiers pilotes décollent à peu près dans le cycle (Damien, Ludo et Loris, un ami à eux nous ayant rejoint pour la journée), les trois suivants (Simon, Gilles et Pierre) décollent dans des conditions anémiques et radassent lamentablement. Je suis la dernière sur le déco avec Manu qui s’élance. A peine décollé, il retouche lourdement le sol et se tord la cheville. Je me désharnache et viens à sa rescousse. Il a l’air un peu sous le choc mais rien de cassé. Je l’aide à mettre son aile en bouchon et nous voilà en train de nous réinstaller dans l’attente d’une bouffe. Il n’y a plus d’air ! J’entends à la radio que c’est la fin des haricots pour nos compagnons et nous, on va devoir faire un dos voile pour les rejoindre dans cette mort certaine ? Quelle loose ! J’essaye de souffler un coup et je finis par décoller à l’ancienne, je me mets immédiatement en standby dans une espèce de léger thermodynamique pour surveiller le décollage de Manu. Une fois ce dernier en vol, on part taper directement sous la montagne à notre gauche en sortant du déco, « Côte Belle ».  Je rejoins Damien dans son thermique, son sens giratoire ne me plaisant que moyennement, et comme j’ai un peu de hauteur sur lui, je décide d’enrouler dans l’autre sens tout en le surveillant constamment. C’est pas du tout correct de ma part mais je crois que le mode survie m’a fait zapper les règles de bienséance. Heureusement, en grand gentleman, Damien change de sens et nous voilà montant au plafond, que c’est bon !!! Et que c’est beau ! Punaise on m’avait beaucoup parlé du col de l’Izoard mais je pense qu’on ne peut pas imaginer à quel point c’est sauvage et unique tant qu’on n’y a pas mis un stabilo. La couverture nuageuse met pas mal notre terrain de jeu à l’ombre mais je suis remontée comme un coucou. Tandis que Loris fait une première incursion vers le Nord, je surveille mes zouailles qui se battent à l’étage en dessous. Manu et Ludo font preuve d’une belle persévérance, je les encourage en radio et leurs efforts paient : les voilà qui montent eux-aussi ! Que c’est bon d’enrouler avec Ludo, de savourer ce bon thermique qui bip en +2 et la vue qu’il nous offre ! Manu n’est pas loin derrière, trop bien ! On va pouvoir voler ensemble !!

3300 m hé ho let’s go ! On laisse le majestueux pic de Rochebrune sur notre droite, on aperçoit à l’horizon la fameuse nebbia italienne tandis que le Monte Viso reste invisible, complétement pris dans les nuages. J’ouvre la danse, Damien part en exploration sur ma gauche, Ludo dans mes basques, Loris est perché quelque part et Manu ferme la marche, nous glissons dans l’ombre qui sévit sur notre gauche, je cherche un appui sur la crête de la cime de la Charvie (en vain) et pars en transition vers la grosse montagne qui domine le village de Cervières. Après quelques secondes de prospection là où j’ai raccroché, je décide de m’avancer vers le sommet des Anges (c’est son petit nom) tout en restant sur mes gardes car je suis sous le vent. L’aile se tortille, je ne tremble pas et je pousse le barreau pour rentrer dans l’ascendance puis enfonce la commande. « Boum baby ! » je trouve le plus gros thermique de ce stage, +3.7, voilà qui fait plaiiiiisir ! De retour au plaf, je pars à l’attaque de Briançon.

J’avoue j’aimerais bien avoir pris des photos ou une vidéo tellement c’était beau. Durant ce vol, j’ai retrouvé le plaisir de mes premiers cross, quand tu te poses des tas de questions, quand, à chaque transition, tu te jettes dans l’inconnu et que chaque montagne que tu raccroches est une surprise, un émerveillement. J’avance vers le fort de l’Infernet qui surplombe la ville de JB Chandelier. Arrivée à sa verticale, je suis les indications de Damien pour transiter sur la montagne qui se trouve sur ma droite. Prendre la direction du Prorel en face puis me diriger vers la crête à droite qui descend vers la ville. Je m’applique pour faire une belle laisse de chien, je rejoins la « Croix de Toulouse » et je rigole des quiproquos à la radio : il y a Manu toujours par terre mais extraordinairement combatif qui s’inquiète de son altitude et puis Ludo qui ne comprend pas bien ce que lui indique Dam’z, s’il ne finit pas dans les télésièges du Prorel, on l’aura échappé belle ^^. Je zérote sur la crête et je me marre. J’ai du mal à me concentrer pour monter mais c’est pas plus mal ce petit standby pour laisser le temps aux autres de me rattraper. L’idée serait de prendre un peu de gaz pour se mettre à cheval sur la crête et progresser vers le Nord. Damien me rejoint, je décide de partir devant. Ça porte tout le long c’est vraiment agréable, la vue est extraordinaire. Le ciel est un condensé de nuages de toutes formes, de toutes nuances de gris et de blanc, le vert des arbres et des prairies est fluorescent, et toutes les montagnes alentour cachent des sommets bien plus grands, avec un aspect bien plus minéral et recouverts de neige et de glaciers. Je ne connais pas et j’en prends plein les yeux ! J’arrive au bout de la crête, Damien me dit d’essayer de faire un plein avant de me jeter sur le plateau. Je fais un timide 2700 et je me jette sur le plateau. Damien et Ludo sont vraiment pas loin derrière et on se retrouve tous les trois à enrouler au-dessus d’un déco où une biroute déchainée nous indique la force de la brise. Que c’est bon de retrouver les copains ! Loris est quelque part dans le ciel, Manu joue les voitures balais. Je quitte les gars pour voir si c’est mieux ailleurs. Les thermiques sont pas hyper agréables et je décide d’avancer encore. Je surveille quand même régulièrement le ciel et la perspective d’être pris dans l’orage est une réalité. Quand je vise en vallée un pré qui semble un atterro pour Boeing, je me dis qu’il est peut-être temps de mettre un terme au vol. Loris nous dit qu’il se prend de la grêle, ça finit de me décider. Je regarde autour de moi comme pour imprimer sur ma rétine les paysages extraordinaires et jusqu’alors inconnus que je viens de traverser. Nous ne sommes plus si loin des cols du Lautaret et du Galibier et j’aperçois les Aiguilles d’Arve au fond.

Je me dirige vers la vallée, fais les oreilles accélérées. J’ai annoncé à la radio mon intention de poser et mes compagnons décident d’en faire de même. Mais quel bonheur ces petits parcours ! En bas, il n’y a même pas de brise ou presque ! Quelle quiétude ! Je plie ma Queen adorée. On se remémore le vol, on plaisante, on mange un morceau, très vite rejoints par Nico et le camion, quel timing ! Encore une belle récup bien efficace. Je suis super heureuse. Je n’ai pas tremblé une seule fois aujourd’hui, j’ai pris énormément de plaisir sur ce vol et je sais que ce stage cross est tombé à point nommé pour moi et ma reprise. Pour sûr je reviendrai voler dans le coin !

La trace du jour : https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20283144

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